Aujourd'hui, j'ai commencé... enfin ! la construction du tipi pour mes enfants.
Référence culturelle aux amérindiens ? Je les crois bien trop jeunes pour en mesurer la portée...
Leur donner ce que je n'ai jamais pu avoir ? C'est vrai qu'enfant , construire la moindre cabane relevait de l'hérésie culturelle. Construire une cabane, c'aurait voulu dire utiliser son temps à
autre chose que jouer à des jeux conventionnels (jeux de construction, légos, ballon, billes...) ou à contribuer aux tâches de la maison. Mes loisirs de prédilection consistaient donc à
ramasser les pommes de terre, feniérer, ou encore, le fin du fin : écarter le fumier. Des loisirs hautement culturels, donc... et follement passionnants. Construire un cabane, c'aurait été
prendre des branches (destinées à faire du feu et à nulle autre fonction ésothérique) des outils... dont mon père ne savait jamais où ils étaient - forcément, avec des enfants aussi indisciplinés
et malgré son sens acéré de l'ordre - sens qu'il m'a au demeurant tansmis à merveille, prendre le risque de se blesser (jouer sur un tas de planches pourries hérissées de pointes rouillées
faisait par contre partie d'un quotidien tolérable) et pire que tout... user du temps précieux de mes frères ou de mon père... temps précieux pendant lequel il ne pouvaient pas se consacrer à
leurs loisirs favoris, à savoir ceux précédemment cités.
En écrivant ces lignes, je me demande si je ne suis pas un père indigne. Je n'ai aucun loisir utile à proposer à mes enfants. Je consacre du temps à jouer avec eux, à construire pour eux un tipi,
une cabane même pas de chez nous... alors qu'aujourd'hui les cabanes s'achètent toutes faites, dans des modèles standardisés, dans les magasins de jouets... Non content d'être un père indigne, je
ne dépense pas mon argent chez les pauvres commerçants qui ont tant de mal à vivre ! Mais les choses ne s'arrêtent pas là ! plutôt que de tailler mes haies, tondre ma pelouse et faire un potager
digne de ce nom, choses qui contriburaient à la sérénité des mes voisins, je consacre benêtement mon temps à mes enfants... et à raconter sur internet ces choses-là.
Vraiment, en écrivant ces mots, je me rends compte à quel point ce doit êtrte déprimant pour eux d'avoir un aussi mauvais voisin, qui vit en père indigne et fait la honte de son quartier. Et dire
que c'est moi qui prends des antidépresseurs ! Je leur pique même les médicaments qui leur feraient tant de bien !
Le tipi ne sera pas fini ce soir... mais cet article le sera, et sans tarder car l'heure d'accompagner mes enfants jusqu'à leur lit pour leur raconter une histoire est venue. Raconter une
histoire à ses enfants... en voilà bien encore une idée saugrenue autant que chronophage. Je ferais mieux de leur apprendre une prière pour qu'ils soient bien conditionnés le jour où ils seront
confrontés à la secte dont j'ai déjà parlé .
par lycanthrope bicéphale
publié dans :
Famille
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